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Ça va, ça va ...

lundi 17 juin 2013, par jacky hérigault

Bonjour, comment ça va ? Ça suit son cours ? Le soleil est encore timide mais on sens bien qu’il est sur le pas du jour. Mes tomates laissent paraître quelques fleurs mais je me doute que le vilain mildiou est aux aguets. Les trains et les avions circulent au compte-goutte mais la prise d’otages est incontournable pour les minorités hégémoniques. Mon petit bateau est paré pour faire la bise à la grande bleue mais il me faudra bientôt effacer ses moustaches naissantes s’il veut continuer de lui plaire. Le Tour de France risque fort d’être perturbé par les opposants au "mariage pour tous" mais le ridicule n’a jamais tué, même les bons sentiments. Mon cerisier semble vouloir donner cette année mais je vois bien que des yeux aux bec pointus s’impatientent déjà de voir le vert passer au rouge.

Ça va, ça va ... Le tabac va augmenter et ça me rend triste pour les accros de la mort lente. Les radars mobiles vont se déployer sur les routes des vacances et je suis navré de voir gâcher le plaisir des dangereux embiellés. Les Grecs vont devoir se passer de télé et je plains les Français ne ne pas être astreints à la même diète. Michelin, Virgin et les autres vont fermer et ça fait quand même bizarre de faire toujours plus de chômeurs pour un temps travaillable toujours plus long. Les jeunes indiens du RER sont sortis du tribunal le sourire aux lèvres, l’oeil sans contrition et la tête désormais imprégnée de l’image d’une justice jouable.

Ça va, ça va même trop vite. Les titres défilent sans qu’on ait le temps de trop comprendre ce qu’ils chapeautent. La végétation pousse ses couleurs dans tous les coins sans se soucier de nos désirs et de ses ratés. Sous le regard perdu dans l’infini du rêve mélancolique, la colonne des travaux à faire se fond dans celle des travaux en cours et des travaux finis. Tout ça donne envie de ne plus aller, finalement, de laisser courir les infos courantes qui finiront bien par s’essouffler, de poser le marteau et la clef à molette le temps qu’ils reprennent des couleurs séduisantes, de laisser fruits, fleurs et mauvaises herbes vivre leur vie de mortels continuellement ressuscités.

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Ça va ? Mais non ! Ça pouvait aller hier, ça risque fort de ne plus aller demain. Un grain de sable [1] vient de se caler dans les rouages de mon train-train savabien. Sera-t-il broyé entre les dents de la fragile mécanique et évacué dans l’oubli des choses juste désagréables ? Ou bien réussira-t-il , associé à d’autres petits grains, d’autres poussières résiduelles, à briser encore un peu l’élan de la machine ? Pour le savoir, il faut faire aller encore un peu ...

Notes

[1] Nota Bene : un événement contre lequel on ne peut rien génère plus généralement de l’abattement que de la fureur, n’est-ce pas ?

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