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Purée dedans

lundi 28 octobre 2013, par jacky hérigault

Coup de tonnerre dans mes tympans alourdis et tsunami sur mes neurones résiduelles : au micro de ma radio préférée, l’homme tout habillé de scientifique a déclaré que le temps n’existe pas, qu’il est tout juste bon à faire un mix avec l’espace dans l’espace-temps du tireur de langue rigolard.

Oui mais pourtant, a tenté le niaiseux de service, le temps, chacun le voit bien passer, plus ou moins vite, plus ou moins longtemps, justement.

Bien sûr, bien sûr, l’absence de temps n’empêche pas la durée, celle que nous percevons et celle dans laquelle se déroulent les événements, une durée tout imprégnée de relativité, 24 heures semblant plus courtes dans le bonheur que dans le malheur et étant réellement plus longues sur une autoroute que sur une départementale.

Ah ? Il me semblait bien que le bonheur de naviguer à 130 km/h ne donnait pas toute sa mesure ... Mais dites-moi, monsieur le scientifique, une durée sans temps n’est-elle pas un peu comme un volume sans enveloppe, un courant sans conducteur, une discussion sans fil, bref, un ectoplasme en voie de zombification ?

Comme vous y allez ! Mais vous avez raison, la durée a été inventée comme beaucoup de choses en ce bas monde par commodité, pour comparer plus facilement les événements de vies humaines qui sont naturellement bornées par un début et une fin. Tenez, c’est un peu comment l’argent qui n’existe pas dans la nature et que l’homme a créé pour éviter d’avoir à comparer interminablement l’importance des biens et des services en vue des trocs indispensables.

Aïe aïe aïe, le temps inexistant, la durée superfétatoire ... mais dans quel monde vivons-nous ?

Heu ... c’est justement ce que la science cherche à savoir ! Nous sommes tout près du bout de l’infiniment grand, peut-être pas très loin de l’infiniment petit, mais les portes de l’infiniment étrange nous sont encore à peine imaginables et le temps-qui-n’existe-pas nous fera sans doute indéfiniment défaut pour placer notre petit monde aux deux infinis dans un monde vraisemblablement pourvu d’une infinité d’infinis.

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