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Wrooom, Brrrr et Grrrr !

lundi 16 décembre 2013, par jacky hérigault

Je ne dirais pas que je suis le meilleur des conducteurs, non, ma modestie l’interdirait à mon objectivité. Je dirais bien par contre que je suis un bon conducteur, mais non, je ne dirais pas non plus. Parce que je suis conscient de commettre de temps à autre des erreurs, voire même des fautes de conduite, de perpétrer tout à fait volontairement ici ou là quelques infractions à la loi, une loi que quarante cinq années de pratique ont quelque peu délavée dans la partie robotisée de mon cerveau qui gère cette activité. Dépassements de la vitesse autorisée, franchissements de ligne blanche, passages de feux tricolores rougissants en serrant les fesses ... Il m’arrive même d’emprunter des voies en sens interdit, mais à vélo, ce qui en fait quand même un péché plus que véniel.

J’aurais envie de dire que je suis un conducteur plutôt normal si ce qualificatif ne se trouvait pas déprécié par l’usage abusif qu’en a fait notre président François et surtout si l’observation des pratiques routières habituelles ne me portait à m’interroger sur la normalité du conducteur moyen. Au terme d’un weekend long de deux mille kilomètres, j’ai eu trop d’occasions de sursauter, de m’indigner souvent, de trépigner parfois au vu d’atteintes au bon sens, au sens civique, à la sécurité pour ne pas douter de mon jugement et conclure que, décidément, je suis irrémédiablement dépassé.

Dépassé, je l’ai été à des vitesses telles que je suppose une certaine invulnérabilité aux délinquants routiers qui les pratiquent : il faut qu’ils se sentent bien protégés ou qu’ils n’aient plus rien à perdre pour mettre en péril ainsi la vie des autres ; sans aller jusqu’à la vie, on perd simplement un peu plus de sérénité dans l’obligation de surveiller en permanence dans les petits rétroviseurs le bolide qui risque de surgir lorsque le gros derrière d’un camion imposera le changement de voie.

Dépassé, je l’ai été parfois par des autos qui ont ralenti aussitôt que rabattues ou glissé à la Fangio, sous le nez de mon capot, vers une sortie de l’extrême. Je l’ai été souvent, dans ma tête, par tous ces oublieux du clignotant, ces obsédés autoroutiers de la voie rapide utilisée avec lenteur, ces forcenés citadins du tricotage grapilleur de places bouchonnées, tous ces conducteurs croisés ou dépassés potentiellement dangereux parce que fatigués, drogués, alcoolisés, excités, téléphonant, discutant, absents ou trop confiants. Wroooom ! Brrrr ...

Au retour de chacune de mes sorties automobiles dépassant le couple d’heures, au moment de couper le contact, je me dis qu’une fois encore j’ai eu bien de la chance de revenir intact et je remercie les dieux du voyage de m’avoir préservé une fois de plus. Si, si !

PS, un Post-Scriptum qui va bien avec l’évocation du risque automobile : cette humeur était à peine étalée sur le web que je devais subir une énième montée d’adrénaline en observant une brute de décoffrage passablement mal polie s’offrir une belle remontée de bouchon en s’engouffrant dans le sillage d’une ambulance laborieusement engloutie dans la masse des embouchonnés. Un pied de nez à faire rougir les fronts, non ?

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