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Le temps pleure

lundi 3 mars 2014, par jacky hérigault

Il pleut. Le temps pleure. La pluie transperce les nuages, se courbe dans le vent, inonde les sols, rougit les peaux, assombrit les pensées.

Le mauvais temps n’en finit pas, profitons-en ! Faisons le plein de bonne eau et de vent frais, jusqu’au trop-plein qu’il faudra bien de toute façon tenter de hausser en fonction d’un niveau sur lequel nous ne pouvons rien.

Nous n’y pouvons rien, mais certains suggèrent que nous serions responsables, que nos activités exponentiellement polluantes seraient la cause du dérèglement du climat. Quelques extraits proposés par monsieur Google : "L’hiver le plus pluvieux depuis 1959 en Bretagne" (Ouest-France) ; "L’hiver le plus chaud depuis 127 ans" (le Figaro) ; "Crues : au moins 30 ans qu’on n’avait pas vu ça" (La Dépêche) ; "Brest n’avait pas connu une telle tempête depuis 24 ans" (Francetvinfo). Pourtant, si l’état de dégradation avancée sinon irréversible de notre planète ne fait aucun doute, on peut douter qu’elle soit la seule cause d’événements qui se sont déjà produits alors qu’elle ne faisait qu’émerger.

On ne sait pas, ou pas grand chose. On cherche. Et quand on aura trouvé, on cherchera encore, mêlant et démêlant anticyclone des Açores, Gulf Stream, calotte glaciaire, activité solaire, effet de serre, acidité des océans, ailes de papillons et folies humaines dans le grand pot des dépressions météorologiques et cérébrales.

Atmosphère, atmosphère .... L’air du temps est au pessimisme, il l’a toujours été du côté de chez nous, même dans les détails de la météo quotidienne. On se plaint volontiers du temps pluvieux, du temps froid, des temps supposés inconfortables, mais lorsque le présupposé "beau temps" réchauffe les corps, caresse les peaux et illumine les yeux, on proclame encore que "ça ne va pas durer" et même que "on va le payer", suggérant que le mauvais temps ne saurait tarder et qu’il sera d’autant plus douloureux que le temps présent aura été agréable. Il est vrai que l’inverse est difficilement imaginable actuellement : les perturbations hivernales semblent décidées à éloigner indéfiniment l’arrivée d’un beau temps qu’on serait déjà bien content de goûter à doses infimes, sans exiger qu’il soit à la hauteur des désagréments éprouvés. Non ?

 

 

 

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