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Think different !

lundi 7 avril 2014, par jacky hérigault

Penser différemment, notre "pauvre" gouvernement en aurait bien besoin pour se sortir des emmêlades de pinceaux dont il nous afflige pour nous sortir de "la crise". Mais peut-être nos énarques hyper-formatés n’en ont-ils pas les moyens ? Peut-être la question est-elle trop complexe, avec des manettes de commandes atrophiées, liées et reliées ? Peut-être le bulletin de vote enferme-t-il les cerveaux de nos élus dans les urnes démocratiques du sens commun ? "Un dirigeant doit faire ce qu’il pense devoir faire, suivre les désirs du peuple étant déjà de la corruption", aurait dit grosso modo l’intégriste Marie-France [1].

Je viens d’entendre le scientifique-philosophe Étienne Klein rapporter l’anecdote d’un étudiant refusant d’entrer dans le système de pensée admis, pratiqué et imposé par son prof. À la question "Comment déterminer la hauteur d’un immeuble avec un baromètre à mercure", il a fourni une réponse notée 0 par le dit professeur. Indigné et réclamant la note maximale, il a demandé l’arbitrage d’une éminence supérieure à qui il a exposé sa solution : attacher le baromètre à l’extrémité d’une corde, le faire descendre du haut en bas de l’immeuble et mesurer la corde ainsi déroulée. Bien sûr, bien sûr, aurait dit l’éminence attendant LA bonne réponse, celle qui consiste à noter les pressions atmosphériques en haut et en bas de l’immeuble, la différence de pression permettant de calculer ensuite la dénivellation, mais ne voyez-vous pas d’autre solution ? Ah, mais si ! J’en ai d’autres. On peut laisser tomber le baromètre du haut de l’immeuble, mesurer le temps de chute et en déduire la distance parcourue. On peut aussi, un jour de soleil, mesurer en bas de l’immeuble les longueurs du baromètre, de son ombre, puis de celle de l’immeuble, ce qui permet de calculer la hauteur recherchée. Et puis, on peut aussi aller voir le concierge et lui proposer un deal : si vous me dites la hauteur de votre immeuble, je vous donne ce magnifique baromètre ... La sommité arbitrale aurait alors compris que l’étudiant se payait la tronche du corps professoral : bon, bon, d’accord, mais LA réponse, vous la connaissez ? Évidemment, mais j’en ai un peu marre de l’université et des professeurs qui veulent m’apprendre comment je dois penser. Cet élève s’appelait Niels Bohr, Prix Nobel de physique en 1922 et l’arbitre était Ernest Rutherford, Prix Nobel de chimie en 1908. L’anecdote est trop belle pour être vraie, forcément, mais les images ne sont jamais trop belles pour supporter les bonnes idées. Si ?

PS : Pas de Prix Nobel pour nos dirigeants, mais notre argent n’a pas de prix, ils doivent faire avec ... 

Notes

[1] Marie-France Garaud, incultes que vous êtes !

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