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Lille

lundi 1er décembre 2014, par jacky hérigault

L’autoroute qui nous emmène de temps à autre de notre petit Pays Blanc vers le lointain Pays-Bas passe sur le flanc de la grande ville du Nord, la ville de Lille. Sans jamais s’y arrêter bien sûr, pour ne pas faire baisser la moyenne, pour ne pas quitter le confort tout relatif du ronron autoroutier, pour ne pas dilapider le placement dans le toujours plus onéreux péage, et pour des tas de raisons pas facilement exprimables comme par exemple celle que la vocation première de Lille ne semble pas être le tourisme.

Il a fallu que Lille endosse les habits de la coupe Davis de tennis pour que notre autoroute habituelle en fasse une destination visitable, le parcours dans la cité pouvant se déguster comme la cerise sur le gâteau de terre battue. La cerise fut même la seule douceur que nous pûmes finalement nous offrir, les droits d’accès à notre part du gâteau s’étant dissous dans les brumes d’un vendeur pas trop correct [1].

Deux jours donc pour visiter Lille, c’est peu et c’est beaucoup.

C’est peu évidemment pour aller au fond des choses, comprendre la cité et ceux qui s’y affairent. Mais c’est déjà beaucoup lorsque la ville est encore à taille humaine, arpentable sans essoufflement, apparemment ouverte, accessible et accueillante. C’est suffisant pour apprécier, dès l’une des portes d’entrée de la ville, l’empressement empathique des employés du métro automatisé, pour tourner autour de la Porte de Paris, embrasser l’Hôtel de ville, hisser le regard jusqu’à son immense beffroi, traverser la place de la République, toiser le Palais des Beaux-Arts, remonter le Vieux-Lille par ses rues piétonnes jusqu’à la Grand Place, traverser la Vieille Bourse, grimper les marches du Palais Rihour, et parcourir, parcourir encore, le nez levé et le regard avide, les rues bordées de boiseries colorées sur fonds de brique et de pierre, parsemées de sculptures, arcades et médaillons. Rue Basse, rue Esquermoise, rues de la Grande-Chaussée, des Chats-Bossus, de la Clef, ... de quoi laisser la perplexité s’installer sur les visages et provoquer l’aide un peu inattendue du passant du cru :"Je peux vous aider ?

Deux jours ne sont bien sûr pas suffisants pour visiter le musée roubaisien de "La Piscine", à portée des petites navettes du métro qui transpercent à flux relativement élevé la grande agglomération lilloise jusqu’à Tourcoing. Nous l’avons fait pourtant, ce musée, comme on peut faire les Champs-Élysées, la Corse, l’Amérique latine ou bientôt le Globe, c’est à dire en survolant l’ensemble des choses d’un pas rapide (du fameux pas aérien qui nous savons adopter alors). Nous y avons éprouvé mille sentiments divers et un étonnement, celui de l’accueil plutôt froid de la guichetière. Sans doute une parisienne mutée dans le pays ch’ti ?

Notes

[1] Ticketbis, qui aurait bien besoin de potion magique pour "assurer" davantage dans son petit commerce

1 Message

  • Lille 1er décembre 2014 21:49, par Cousin Hub

    Effectivement les autoroutes, les voies rapides, les périphériques et autres contournements, sans oublier le temps qui passe et qui fait baisser la moyenne fournie par les sites d’itinéraire, ne nous incitent pas à oser.
    Oser prendre le temps de visiter et de connaître la ville.
    Oser découvrir l’architecture, l’histoire et les attraits de celle qui demande parfois à être connue sans l’avouer.

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