mamimadi

Examiner

lundi 22 novembre 2010, par jacky hérigault

Je crois depuis belle lurette que le bon sens est partagé de façon équitable dans nos sociétés. Avec plus ou moins de parcimonie de la part du grand ordonnateur de la nature, mais équitablement ...
 
Un exemple vient de passer sous mes lunettes la semaine dernière : selon un sondage du Monde-en-ligne, les "climatosceptiques" se répartiraient sensiblement selon les mêmes pourcentages en France, quel que soit le niveau de culture ou d’inculture, quelle que soit la catégorie socio-professionnelle, que l’on soit cadre ou ouvrier, décideur ou exécutant. Les seuls paramètres déterminants seraient le sexe, l’âge et l’appartenance politique : le climatosceptique-type serait un homme de 65 ans votant à droite.
 
Eh ? Mais c’est peut-être moi, ça ? Je n’ai pas tout à fait soixante-cinq ans, je ne suis pas vraiment droitiste et, comme tout le monde, j’assume ma part de féminité, mais le portrait-robot livré sur les pages du Monde pourrait emprunter quelques-uns de mes traits (ainsi que ceux de pas mal d’autres individus comme le font tous les portraits-robots).
 
Serais-je donc climatosceptique ? Définition : "On entend par ce terme les personnes qui remettent en cause ou nuancent fortement l’idée selon laquelle un phénomène de réchauffement climatique serait aujourd’hui à l’œuvre, et dont la cause serait liée aux activités humaines, notamment par l’effet des émissions de CO2".
  • je ne peux pas douter de la réalité du réchauffement climatique, sauf à croire à une conspiration généralisée du monde scientifique ou à une dérive méconnue de tous les appareils de mesure.
  • je ne peux pas douter non plus de l’augmentation du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ni de la cause principale de cette augmentation, les activités industrielles "modernes".
Ouf ! Je suis bien "climato" ...
Pourtant, ma nature foncièrement sceptique me pousse dans les orties :
  • doucement, doucement ; la mécanique globale est plus complexe (et réelle) que nos algorithmes les plus tordus (et hypothétiques)
  • du calme, du calme ; de même que l’aérostier ne perçoit pas les courants de l’air dans lequel il baigne, il est important de sortir - ou de tenter de sortir - du bain de la pensée unique pour en percevoir le degré de justesse.
Les grands malheurs annoncés auront-ils l’ampleur prévue ? La raison humaine serait-elle si déraisonnable ? L’intelligence humaine ne mettra-t-elle pas la main sur la puissance de feu de notre bon Soleil avant que nos exhalaisons de gaz carbonique n’étouffe la planète ? Les grands changements qui nous font toujours si peur seront-il si néfastes pour l’homme, pour la nature  [1] ? 
 Alors ? 
  • Oui, même si le réchauffement climatique nous permettait les plaisirs de la plage de La Turballe en novembre et la culture des oliviers en Presqu’île guérandaise, quelques catastrophes météorologiques récentes, l’ignorance du degré d’emballement climatique possible me fait souscrire à la lutte contre la production abusive de CO2 et pour l’accélération de sa consommation par la nature (plantes et forêts, par exemple) ou industrielle (production d’énergie, toujours par exemple).
  • Mais non, la conduite d’un véhicule ne se fait pas les yeux fermés sous prétexte qu’on a le pied sur la pédale de frein. Il convient forcément de rester éveillé, dubitatif. [2]
Et donc ?
  • Climatosceptique, ça dépend de la rigidité de la définition
  • Climato et sceptique [3], sans aucun doute !
Et vous ?

Notes

[1] Et si c’était le moyen pour la nature de se débarrasser d’un homme devenu si peu naturel ?

[2] Ne vous est-il jamais arrivé de vous faire peur au volant après avoir pensé bizarrement : "Aujourd’hui, je suis bien sur la route, il ne peut rien m’arriver !" ? Moi si, et je me suis alors perçu dangereux et en danger ...

[3] du grec skeptikos, de skeptesthai, examiner

Un commentaire ?

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0