L'humeur de la semaine
La rentrée est faite, les ouvriers œuvrent, les cadres encadrent, les employés s’emploient, les élèves s’élèvent ...
L’idée d’aider l’école à élever les jeunes en les obligeant à se lever à l’entrée du prof m’a rappelé le temps ancien où la chose se pratiquait. Vous souvenez-vous ? ... Dans le brouhaha des galoches sur le plancher en épaisses et larges lames de bois, les petites têtes blondes émergeaient au-dessus des longs pupitres, les sarraus s’alignaient derrière les bancs blanchis au Javel.
Asseyez-vous !
Nouveau brouhaha de retour à la position assise sans laquelle aucune élévation de l’esprit n’est possible ... Le travail va pouvoir commencer, à moins qu’on ne soit dans une "bonne école" où la pratique d’une prière matinale ou bien la mise en exergue d’une bonne vieille maxime est censée préparer les éduqués à l’enseignement qui suit.
J’ai bien l’impression qu’une telle obligation recevrait le même sort que l’obligation de servir la dernière lettre de Guy Môquet aux collégiens le jour de la rentrée. Inapplicable. Les chaises ont remplacé les bancs, les têtes blondes ont pris de la couleur, les jeunes esprits sont beaucoup plus difficiles à captiver (capturer ?) que jadis ... Le temps d’enseignement perdu ne permettra jamais de gagner un respect qui ne se gagne que par la qualité de cet enseignement et non par la nature des gestes préalables. Si les élèves doivent se lever à l’entrée de leur prof, que ce soit par respect réellement ressenti, et non par obligation. Non ?
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