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. 9 mars- La pression
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. 24 février- Convivialité.
. 17 février- Possiblement
. 10 février- Grain de vie
. 3 février- Oscillatoire ?
. 27 janvier- Harry Quebert
. 20 janvier- Surhumanité
. 13 janvier- GAFA
. 6 janvier- 20/20eux
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. 16 décembre- Battre en retraite
. 9 décembre- Respectons-nous !
. 2 décembre- Galères
. 25 novembre- Charybde et Scylla
. 18 novembre- Doucherie
. 11 novembre- Cris en thème
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. 28 octobre- Spamophobique
. 21 octobre- Les djeunes
. 14 octobre- Les zabeilles
. 7 octobre- Le      (*)
. 30 septembre- L'Art et ses Chapelles
. 23 septembre- Mon petit Ofpra pratique
. 16 septembre- Bande à part, sacrebleu !
. 9 septembre- Enthousiasmant et incertain
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. 26 août- Trois fois un·e
. 19 août- Célibataires stigmatisés
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. 29 juillet- Fractalité !
. 22 juillet- Abus de pouvoir
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. 1er juillet- J'ai 27 ans !
. 24 juin- London, the feedback
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. 27 mai- Vincent et les autres
. 20 mai- L'Europe ! L'Europe !
. 13 mai- Recyclage
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. 29 avril- Ma dernière tante
. 22 avril- De NDDL à NDDP
. 15 avril- Bricolite aiguë
. 8 avril- Smartphone
. 1er avril- Rapports perçus


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mamimadi
l'humeur hebdomadaire

23 mars - Incivilité dangereuse !

      Devant l'échec des invitations au confinement volontaire en vue de ralentir une progression du virus menant tout droit à l'engorgement des hôpitaux, le gouvernement vient de prendre des mesures plus coercitives applicables mardi 18 mars 2020 à midi...

      Ah ? On va être confinés ? Vite, le plein de provisions ! Pâtes, PQ, où est ma liste ? Vous savez, c'est pour quinze jours qu'ils disent mais ce sera plus, l'activité du pays va ralentir, des blocages sont inévitables, on risque de manquer, et puis, on ne sait jamais, c'est pas perdu...

Malheureux ! Trop fort n'a jamais manqué dit le marin, mais il s'assure que le poids de l'aussière qui doit sécuriser le bateau ne sera pas la cause de son naufrage ! Vous sécurisez votre petit canote en fragilisant l'embarcation commune. Vous créez la pénurie que vous redoutez et vous aurez eu raison, vous vous auto-congratulerez au spectacle des rayons en attente de réapprovisionnement...

      Ah ? On va être confinés ? Vite, profitons-en tant qu'on peut ! Précipitons-nous dans la rue, les places, les parcs, les bars et autres lieux de convivialité pour y vivre nos dernières heures de liberté avant l'enfer de l'enfermement.

Malheureux ! Comment ne pensez-vous pas à la contribution de ces dernières sorties au pic de contamination que la mesure veut justement éviter ? Comment ne comprenez-vous pas que le virus n'a pas de montre, que si le confinement est obligatoire à partir de midi, c'est qu'il est incontournable même avant midi ?

      Ah ? On va être confinés ? Vite fuyons ! Prenons nos cliques et nos claques, nos enfants, leurs cours et leurs devoirs, nos ordinateurs pour télétravailler, jouer ou youtuber, et prenons trains et voitures vers des espaces plus sains, la campagne, la montagne ou la mer...

Malheureux ! Que le grand cric vous croque ! Ne voyez-vous pas que le virus accompagne forcément votre transhumance ? Qu'en matière de dissémination, il n'y a pas mieux ? Si ? Vous voyez ? Alors c'est pire...

      La tentation du sur-stockage est bien sûr moins grande quand on n'a personne à charge, pas d'enfants à nourrir. L'envie de la dernière sortie avant confinement est moins irrépressible quand on dispose d'un grand j'ardin d'agrément déployé devant la baie du salon. Le besoin de grand air et de grands espaces est moins prégnant lorsqu'on réside sur un lieu de vacances. Mais, outre le fait que parmi les abuseurs se trouvent bien peu de vrais démunis - les interdits des bords de Seine, des chariots à 400 euros et des transports libérateurs -, outre la présomption que les avantagés d'aujourd'hui sont souvent les défavorisés d'hier (*), c'est la guerre, le monsieur l'a dit, chacun doit en prendre sa part sans quoi elle sera perdue pour tous. Les guerres sont sans doute plus facilement menées - sinon gagnées - quand un chef stalinien fait pointer une arme dans le dos de chacun de ses combattants montant au front, et les dictateurs actuels doivent sourire devant le spectacle des démocraties engoncées dans leurs libertés mal assumées.

      Une fois écrite cette page, je suis tombé sur cette citation d'un grand homme qui pourrait décrire, non pas seulement les fondamentaux du commandement mais aussi ceux de l'obéissance :

      La véritable école du commandement [de l'obéissance] est celle de la culture générale. Par elle, la pensée est mise à même de s'exercer avec ordre, de discerner dans les choses l'essentiel de l'accessoire, (...) de s'élever à ce degré où les ensembles apparaissent sans préjudice des nuances. Pas un illustre capitaine [soldat anonyme] qui n'eût le goût et le sentiment du patrimoine et de l'esprit humain. Au fond des victoires d'Alexandre, on retrouve toujours Aristote...

      Auriez-vous le nom du grand homme sur le bout de la langue ?

(*) Quatre pages A4 seraient encore nécessaires ici

Lutin