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l'humeur hebdomadaire

19 octobre - Scipio

      Je vais me séparer de mon beau, mon vieux bateau. Scipio. Quarante ans que nous sommes ensemble. Souvent pour le meilleur, parfois pour le moins bon, jamais pour le pire bien que nous l'ayons frôlé parfois tous les deux.

      Le port de La Turballe était encore un port d'échouage lorsque je l'y ai amené. C'était alors, sinon le plus grand, du moins le plus beau des voiliers qui se dandinaient sur ses eaux pas toujours bien calmes. Une seule nuit passée à bord au moment ou quille et béquilles prennent contact avec les fonds plus ou moins fermes m'a convaincu que "plus jamais ça" et je l'ai amarré sur corps mort en Vilaine, puis dans le Pool du Croisic, avant de le ramener à La Turballe une fois devenu port toujours en eau, équipé de confortables pontons.

Scipio      Trop longue serait la liste des lieux vers lesquels il a bien voulu m'emmener. Des îles toutes proches visitées régulièrement (Dumet, Hoëdic, Houat, Belle-Île, Noirmoutier, Yeu) aux îles plus lointaines (Glénan, Sein, Ouessant, Anglo-normandes, Scilly), des rivages de Bretagne, plus souvent Sud que Nord évidemment, aux côtes d'Espagne ou d'Irlande, les milles nautiques ont défilé sous sa carène, les heures de barre ou de veille se sont étendues dans la tête de son skipper, toujours inquiet même par temps "de demoiselle" et, en même temps, généralement serein même par très gros temps.

      Quelques infidélités plus ou moins consenties de part et d'autre ont été commises bien sûr. De sa part tout d'abord lorsque la main d'un Hollandais à pris sa barre afin que je prenne la barre intérieure de son fifty dans les eaux pas si saines de l'IJsselmeer, ou bien lorsqu'il s'est laissé surprendre par un jeune désargenté amoureux de la mer et un peu déliquant, ou encore lorsqu'il a tout bonnement refusé de prendre la mer pour accompagner la centaine de voiliers emmenant dans leurs cockpits quelques centaines de personnes handicapées. De la mienne ensuite lorsque l'éloignement des mers convoitées les lui rendait peu accessibles (Corse, Cyclades, Croatie) ou bien pour participer sur de plus grandes et plus performantes embarcations à des courses-croisières vers L'Espagne ou le Portugal.

      Je vais donc me séparer de ce bateau, clore l'écriture de nos navigations. Me restera le loisir d'en parcourir quelques pages de temps à autre, piochant au hasard dans les nombreux chapitres. Quelques paragraphes sur les folles navigations des jeunes années, les navigations nocturnes en solitaire autour des îles ou vers le pays basque espagnol, les sorties musclées pour tester les limites du bateau et du bonhomme. Quelques passages sur les sorties et voyages en famille, entre amis ou bien encore avec les handicapés de Pen Bron lors de la sortie annuelle vers la Vilaine. Quelques lignes aussi sur les erreurs dont certaines auraient pu être fatales mais desquelles quelque bonne étoile m'aura toujours préservé, sûrement l'une de ces étoiles qui aura fixé le cap pendant les longues navigations de nuit. Sans doute faut-il beaucoup de chance pour faire un vieux marin...

      Adieu Scipio, puisse-tu poursuivre encore un peu de ton côté ta carrière de bon vieux bateau !

Lutin