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mamimadi
l'humeur hebdomadaire

14 octobre - Les zabeilles

      Un ami vient d'évoquer devant moi sa passion pour les abeilles. Il en fait son miel (bon, ça c'est fait !), très concrètement en tant qu'apiculteur amateur, mais aussi intellectuellement en tant qu'observateur attentif des comportement de ses petites bêtes préférées.

      Il est vrai que l'organisation d'une ruche, son fonctionnement, le déroulé de son existence ne peut que forcer l'attention de tout béotien un peu curieux des choses de la nature. Du vol du bourdon fécondant la jeune reine au déplacement d'une partie de l'essaim par la reine vieillissante, tout une vie collective, active et bruissante, évolutive et performante, tout pousse à l'interrogation émerveillée. Quelle organisation ! Mais comment font-elles ?

      Mais reprenons l'histoire à son début, même s'il est toujours aussi difficile de placer l'origine dans le cycle œuf-poule.

      Lorsque les conditions sont favorables - météorologiques et géographiques entre autres - des bourdons ("faux bourdons") établissent leur septième ciel à sept mètres (1) d'altitude et y attendent les reines des ruches voisines en mal de mâles capables de leur fournir le stock de spermatozoïdes suffisant pour les quelque sept ans (2) que durera en principe leur carrière de reine. Elle est pas belle, la vie du bourdon ? Heu... Sauf que les bourdons qui auront eu le privilège d'honorer une reine mourront au champ d'honneur et que ceux qui en auront réchappé seront tués par les abeilles par temps de disette ou, dans le meilleur des cas, chassés rapidement de la ruche.

      Sitôt fabriqués, bien vite pondus les oeufs de la reine-mère. Fécondés ou non, ils sont deux mille à être déposés en une journée, l'un après l'autre, chacun dans son alvéole de cire construite par les générations précédentes ou ajoutée par les premières ouvrières pouvant crier "maman" à la reine actuelle. Heu... Sauf que les gentilles fi-filles détectant quelque mollesse dans le travail procréatif de la dite maman n'hésiteront pas à sur-nourrir quelques larves du commun en vue de remplacer l'ancienne en la forçant à l'exil avec une partie des troupes ou de la tuer éventuellement.

      En trois jours (3) la larve fait une abeille qui n'a aucun souci à se faire quant à sa carrière professionnelle. Nettoyeuse, puis infirmière-operculeuse, cirière , transformeuse de nectar en miel, gardienne, ventileuse, butineuse de nectar, miellat, pollen, propolis, et enfin, à bout de souffle, porteuse d'eau. Elle est pas enthousiasmante la vie d'une abeille ? Heu.. Sauf que la charge de travail d'une abeille d'été est si épuisante que sa "belle" vie si utile à la collectivité ne dure que sept semaines (4) alors que l'abeille de la fin de l'automne passera l'hiver.

      Avant l'hiver, l'essaim parti avec la vieille reine doit trouver un nouvel habitat. Une cinquantaine d'éclaireuses partent battre la campagne puis en reviennent avec une info qu'elles partagent avec l'ensemble au moyen de danses mentionnant l'orientation, la distance et le plus ou moins grand intérêt de la trouvaille. De nouvelle éclaireuses partent alors sur chaque signalement, plus ou moins nombreuses selon l'intérêt signalé, en rapportent elles-même une information infirmante ou confirmante provoquant ou non le départ d'autres nouvelles éclaireuses de telle sorte qu'au bout d'un "certain temps" l'ensemble de l'essaim se déplace vers le choix le plus "liké". Elle est pas démocratique la société des abeilles ? Heu...

      Heu ?

      Une ruche peut-elle porter une image démocratique quand les colonies d'abeilles ne sont que des ensembles de robots phéromonés dont le programme s'est construit au fil de l'évolution darwinienne avec pour seul but la survie de la colonie quel que soit le prix à payer par chaque individu alors que les démocraties devraient au contraire permettre aux sociétés d'assurer le bien-être de chaque citoyen ? L'absence de libre arbitre chez les abeilles parmet dans l'essaim l'absence des désordres constatés dans nos démocraties, chaque individu y étant capable de choix contraires au bien-être de la société et même au sien propre.

      Mais ne sommes-nous pas nous-mêmes des objets équipés d'algorithmes confectionnés au fil de l'évolution et donc des robots pensants, certes pensant différemment que les abeilles, mais ne pensant que ce qu'ils peuvent penser, et donc sans véritable libre-arbitre ?

      Aïe, aïe, aïe !


(1) Lire "7 mètres environ"

(2) Lire "environ 7 ans"

(3) Et non 7 jours !

(4) Lire "...."

Lutin