Ma petite humeur hebdomadaire était montée en puissance (laborieusement) tout au long de cette semaine mais, au moment de la coucher sur mon petit écran ce matin, un événement incongru m'oblige au "reset" cérébral intégral.
La nuit dernière, alors que je me levais comme chaque nuit pour un besoin naturel [NDLR : avaler un petit verre d'eau :-)] et que, ce faisant, je jetai un œil sur la rue encore éclairée, au lieu de pester contre le gâchis énergétique et la pollution lumineuse, je constatai avoir oublié de rentrer mon beau vélo de route.
Il était là, appuyé contre le candélabre de l'éclairage public et bien esseulé sous la lumière du trottoir opposé. La rue était calme, sans âme qui vive à cette heure bien avancée de la nuit. Il devait faire bien froid dehors. J'aperçus l'antivol aux couleurs fluos correctement posé et décidai que mon beau vélo pouvait bien attendre l'aube ainsi.
Mon petit besoin naturel assouvi, mes pensées s'en trouvèrent plus claires et je me dis que, quand même, si j'avais été chanceux jusque là que personne ne l'embarque, il était préférable de ne pas tenter plus avant les diables voleurs. Avec quelques restes d'hésitation, j'enfilai ma robe de chambre et, frissonnant par anticipation, descendis de mon étage, parcourus mon hall d'entrée jusqu'à la rue et... ah ? un fourgon blanc qui redémarre... une livraison pour la pharmacie peut-être ?
L'interrogation fut brève : le départ du véhicule fit place à un grand vide. Vélo volé ! Trop tard...
Mon réveil fut salvateur et m'évita des regrets éternels. L'endormissement qui suivit fut particulièrement long, d'abord parce que je savourais le contentement d'avoir conservé mon vélo, ensuite parce que ce rêve me donnait du grain à moudre à mes petits neurones. J'avais jusqu'ici l'impression que mes rêves se développaient au fur et à mesure des événements eux-mêmes, sans scénario pré-construit, les déroulements les plus inattendus étant possibles. Typiquement : je suis sur mon vieux bateau, j'embouque une rivière, je progresse même quand l'hélice mouline dans le sable, je tire des bords sous voiles dans les rues de la ville abordée et je pose ma quille le long d'une maison inconnue... Délirant, non ? Ici, à part le postulat invraisemblable du vélo posé sur le trottoir opposé (quoique...), l'histoire tient debout et l'inconscient semble avoir joué les scénaristes en prévoyant le vol dès l'envie du petit besoin. Non ?
Mais peut-être eussé-je dû en rester à ma première humeur si longuement élaborée ? Oui ?