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. 25 septembre- Liliane
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. 31 juillet- p-Commerce
. 24 juillet- Grande Muette ?
. 17 juillet- Un peu trop peu
. 10 juillet- Désir d'enfant
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. 19 juin- Le dernier vote ?
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. 8 mai- Le temps qu'il fait
. 1er mai- Le pire ! Le meilleur ?
. 24 avril- Des sons sans sens
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l'humeur hebdomadaire

19 février- Altruisme

      Inévitablement, les autres sont autres pour soi et l'altruisme n'existe pas. Je m'explique. Le jeune Larousse dit que l'altruisme est le "souci désintéressé du bien d'autrui". Comment donc être désintéressé quand cet autrui nous importe ?

Altruisme      Rendre service a souvent pour but le bien de celui à qui ce service est rendu. Mais d'abord, "rendre", c'est restituer ou donner en retour, et donc combler une dette, ce qui rend l'acte un peu moins désintéressé. Plus sérieusement, l'aide apportée, même dépourvue de toute coloration comptable, est un transfert entre deux égos non égaux : l'aidé en devient objectivement obligé alors que l'aidant en retire, consciemment ou non, satisfaction de soi et crédit chez l'autre.

      Le "souci désintéressé du bien de l'autre" ne débouche pas obligatoirement sur l'aide à autrui, évidemment. S'inquiéter de la bonne santé ou du bonheur de quelqu'un semble alors tout à fait gratuit, désintéressé. Semble, parce qu'en creusant légèrement, on voit bien qu'il s'agit quand même un peu de savoir si tout va bien autour de soi, si la petite vie du quémandeur peut se poursuivre sereinement dans le paysage de la famille, des amis ou des relations en général. Non ?

      La bonne santé est souvent considérée comme un état normal et le bonheur n'est déclaré partagé que lors d'événements ou d'occasions ponctuel·le·s où chaque convive est plus à même de savourer sa part du gâteau que d'apprécier la perception du voisin devant la sienne. La maladie ou la mauvaise fortune provoque pourtant des états d'âme bien différents chez le parent, l'ami ou le collègue attentif à ses proches. Le partage est plus large et plus profond à la fois et, lorsque le souci devient inquiétude, l'envie de prendre sa part, non plus de gâteau mais de soupe amère, devient irrépressible. Les égos non égaux sont pourtant en scène là aussi. D'abord, côté autre, parce que la part à prendre est celle d'un dé à coudre plongé dans la soupière. Ensuite, côté soi, parce que ne pas répondre à une envie revient à se flageller.

      J'en connais des qui vous me trouver (encore) tristounet... Il y a pourtant beaucoup plus d'optimisme à croire au "souci du bien d'autrui" quand on pense que ce souci ne peut pas être désintéressé. Parce que, même si ce souci-là est beaucoup plus difficile à vivre, il est beaucoup plus incarné et vrai.

Lutin