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13 août - Tourisme de masse

Tourisme de masse

       De nos jours un Français doit avoir fait Malte, la Slovénie, la Colombie, Cuba, la Calabre, Bahrein, l'Inde, la Californie, la Norvège,.. Bref, il faut avoir posé le pied un peu partout sur la planète, sauf à rater son existence.

       Des milliers de pieds qui se posent ensemble quelque part hors de leurs pénates, ça s'appelle du tourisme de masse et si le tourisme est plutôt une bonne chose, la masse aurait plutôt mauvaise presse. Les alertes vues régulièrement sur nos médias pourraient montrer que la balance penche du côté de la masse. Depuis longtemps déjà, et de plus en plus nettement. Voyons...

       Le tourisme, c'est du plaisir personnel, du dépaysement, l'occasion d'un surcroît de connaissance du pays visité et de ses autochtones. De l'autre côté du porte-monnaie, c'est une source de revenus et la possibilité de contacts avec d'autres cultures. Pour le visiteur et le visité, le tourisme est un vecteur d'enrichissement et une occasion de partage.

       La masse, c'est le troupeau, celui qui détruit sur son passage, qui arpente les mêmes rues, s'émerveille devant les mêmes paysages, achète les mêmes objets- souvenirs, réalise les mêmes selfies témoins du bonheur et preuve de l'aventure. La masse, ce sont des millions de petites voitures si nombreuses que les plus grandes artères en deviennent impraticables, des cohortes de charters si fréquents que le ciel bleu des pays visités en devient laiteux, des armadas de paquebots si grands que les îles abordées en paraissent ridiculement petites. La masse, c'est la destruction de la planète que le visiteur se propose d'admirer et de la culture qu'éventuellement il souhaite rencontrer.

       Alors quoi ? Le bien sans le mal, le tourisme sans la masse est-il définitivement impossible ? Lorsque plus de deux milliards de Chinois et d'Indiens auront les moyens de voyager et revendiqueront leurs droits à la découverte d'une planète qui est aussi la leur, lorsque peut-être un jour les Africains ne s'évanouiront plus dans le monde à bord de radeaux de survie ou bien à bord de camions frigorifiques, les effets du tourisme de masse seront sans commune mesure avec celles que nous connaissons actuellement. Et la catastrophe planétaire sera là au cas où elle ne se serait pas produite auparavant. L'humain ne peut devenir raisonnable que par obligation. Il ne cessera de se déplacer que s'il est victime de ses propres destructions. Il ne cessera de se précipiter que lorsqu'il sera obligé de mettre fin aux crimes écologiques liés à la vitesse, obligé de prendre son temps, obligé de vivre et non plus seulement passer. Et demain n'est malheureusement - ou heureusement ? - pas la veille.

Lutin