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mamimadi
l'humeur hebdomadaire

15 août- Naupathie

    Le mal de mer, ça ne se commande pas : on y est sujet ou pas et aucune force de caractère n'y peut rien. Pourtant, les assujettis peinent à se débarrasser d'un sentiment d'humiliation alors que les non assujettis ne peuvent s'empêcher d'en tirer quelque gloriole.

    On dit que le problème vient d'un conflit de deux perceptions d'horizontalités, l'horizontalité relevée par l'oreille interne et l'horizontalité perçue par le regard, ces deux sens étant censés contribuer à l'équilibre vertical de l'individu. On comprend bien, mais le plus curieux de l'histoire est que le cerveau ainsi désemparé s'emploie à malmener tripes et boyaux et ne trouve comme solution ultime que la fameuse expulsion stomacale, provisoirement libératrice. Peut-être faut-il y voir une preuve supplémentaire de la présence d'un deuxième cerveau évidemment corrélé au premier dans le système intestinal ?

    Pour aider les cerveaux trop compliqués qui vont chercher midi à quatorze heures ou au contraire insuffisamment performants pour assimiler les décalages sensoriels, les solutions semblent simples :

  1. Fermer les yeux. Supprimer un élément du conflit devrait permettre de supprimer le conflit lui-même et donc ses conséquences. On peut s'étonner de ne pas trouver cette recommandation dans la liste des conseils ... peut-être parce la crainte de décrocher d'une réalité, même branlante, est plus déstabilisante que l'ébranlement lui-même ?
     
  2. Tenter de convaincre le cerveau que l'organisme est armé contre la nausée. Pilule homéopathique, bracelet acupresseur, sparadrap sur le nombril, persil autour du cou ... sont d'autant plus efficaces sur les déstabilisés marins que ceux-ci sont plus réceptifs aux effets placébos. Le mal de mer est typiquement un malaise dont on guérit en croyant fermement à la guérison - naupathes sceptiques, s'abstenir !
     
  3. Empêcher le cerveau de fonctionner. Les médicaments - qui ne sont pas toujours des remèdes définitifs, malheureusement - visent à plonger les neurones dans une douce torpeur bien propre à dissoudre les vagues de l'océan dans un certain envasement cérébral. Mal de mer éventuellement disparu, " bien de mer" certainement disparu ...
     
  4. Entraîner le cerveau à se jouer de la différence qu'il constate entre ses deux perceptions et même à l'utiliser pour s'informer de tas de choses comme l'état de la mer, la sécurité du marin. Il semblerait qu'après quelques jours ou quelques semaines de navigation tout temps, n'importe quel nauséeux, fut-il multirécidiviste, acquiert les tripes du loup de mer parfaitement à l'aise avec les horizons non horizontaux ... C'est que, comme très souvent dans la marine, et dans la marine à voile en particulier, il convient de donner du temps au temps !

    Toutes ces aides ont finalement pour but de contrer les mouvements du bateau sur les vagues, leurs perceptions par les sens et leurs effets sur l'organisme, alors que la meilleure solution pour se jouer du mal de mer serait sans doute de jouer avec la mer, d'accompagner les balancements de l'horizon, d'anticiper l'apparent désordre des masses mouvantes, de s'immerger dans l'environnement jusqu'à s'y sentir comme un poisson dans l'eau. Mais qui sait si les poissons n'ont pas le mal de mer ?

Mal de mer

Lutin